Prochain goulag : Lausanne !

Publié le par Guy Bourguignon

Prisonniers illégaux à Guantanamo : le modèle des goulags du futur...

Aujourd'hui, je découvre en page d'accueil de la Ville de Lausanne que celle-ci se glorifie de publier un ouvrage intitutlé Lausanne en mouvement - Une ville à l'écoute de ses exclus. En résumé : «Dans cet ouvrage poignant, 12 femmes et hommes, bénéficiaires de l'aide sociale, témoignent de leur parcours. Il éclaire la réalité économique, sociale et psychologique de l'exclusion, d'ici et d'ailleurs». Et cela au moment où la municipalité lausannoise (cf. 24H du 6 octobre 2005) - tout entière complice, puisque cette idée n'est pas mort-née, et en particulier la municipale de la police Doris Cohen-Dumani, étudie le projet (déjà réalité dans certaines villes alémaniques - la Suisse est une belle démocratie, paraît-il) d'interdire la Cité ou des quartiers à certains individus ou groupes ! Le premier pas - et chacun sait qu'il n'y a que celui-là qui coûte - vers la création de ghettos - en attendant pire encore. Qu'on ne vienne pas me dire que ces gens dérangent, que ces gens ne sont pas comme nous, qu'ils se réunissent toujours ensemble - pour faire leurs affaires; en plus, ils s'attaquent à nos biens et à nos femmes; ils sont sales... Des prétextes, on en trouve toujours, des boucs émissaires aussi. Et on trouve encore plus facilement des personnes prêtes à trouver des prétextes et des boucs émissaires. Au fait, ces 12 «poignants exclus» ont-ils pu s'exprimer dans ce livre sur les futures exclusions du centre-ville ? Peut-être que la Municipalité lausannoise m'enverra cet ouvrage dont la publication et la publicité (sur le site web de la Ville, par exemple...) semblent avant tout servir à camoufler les décisions indignes de ces mêmes autorités...


Discutant de ce texte avec des amis avant de le mettre en ligne, il est devenu évident qu'une partie de cette politique d'exclusion n'intéresse personne : son application pratique. Imaginons, en effet, que l'on décide que des personnes se voient interdire un quartier. Comment fait-on pour les reconnaître ? En les obligeant à porter une étoile jaune ? Non, pas encore; ce qui veut dire que l'on va donner le droit à la police de harceler les gens, de contrôler l'idendité de tous ceux dont la gueule ou l'habillement ne leur reviendront pas - ce qui n'est pas légal aujourd'hui. Et si les exilés refusent ? Et s'ils reviennent ? On fera venir les paniers à salade, on raflera tout le monde, on en tabassera quelques-uns - et on déportera tout le monde dans un autre quartier (= province) ou dans un lointain goulag (= prison). Ne désespérons pas : stalinisme et communisme ont de beaux jours devant eux à Lausanne. Alors, faudra-t-il porter cravate et cheveux courts ou jupe et cheveux longs pour avoir le droit de se promener en ville ? Ou bien les commerçants eux-mêmes décideront-ils de qui à le droit de passer devant leurs précieuses boutiques - après tout la privatisation des rues n'est qu'une étape dans le Grand Vol des Biens Communs : l'ultra-libéralisme et la loi de la jungle ont de beaux jours devant eux à Lausanne...




Préambule («Au nom du Dieu Tout-Puissant») : «Sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres (...)»
Article 7 : «La dignité humaine doit être respectée et protégée»
Article 8 al. 2 : «Nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa race, de son sexe, de son âge, de sa langue, de sa situation sociale, de son mode de vie, de ses convictions religieuses, philosophiques ou politiques ni du fait d’une déficience corporelle, mentale ou psychique»
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Publié dans Exfolie

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