Le football, c'est pas pour les pauvres

Publié le par Guy Bourguignon

La FIFA a décidé, par une décision aussi arbitraire qu'infondée, d'interdire les matchs (officiels) à plus de 2500 mètres d'altitude chez les pauvres (Bolivie, Colombie, Equateur). Et pour célébrer cette discrimination, un match de foot a été organisé au sommet de la Jungfraujoch, à 3454 mètres, mais chez les riches (Suisse)1. Riches et blancs contre pauvres et bronzés2: qui a dit qu'il y avait du racisme dans le foot ?


1 – d'ailleurs, la Tribune de Genève parle de « Toit du monde » à propos des Alpes: l'Himalaya n'est plus qu'une colline, vu du Centre du Monde....

2 – «  Pour motiver sa décision, Sepp Blatter avait invoqué, le 27 mai, lors du Congrès de la FIFA, la santé des joueurs »: et pour éviter le trop chaud et le trop froid, on peut aussi interdire toutes les rencontres au-delà d'une zone comprise entre les 40e et 50e parallèles...

Tribune de Genève en ligne,  7 juin 2007

"L'idée est vraiment extraordinaire. Ce match est bien la plus belle promotion pour l'EURO 2008". Sur le "toit du monde", soit à la Jungfraujoch qui culmine à 3454 m, Köbi Kuhn ne cachait pas son bonheur avant le coup d'envoi d'une rencontre de gala de deux fois 5 mn. sur un terrain synthétique de 15 x 30 m.


Le Monde en ligne, 8 juin 2007

Deux semaines après la décision de la Fédération internationale de football (FIFA) d'interdire les matches à plus de 2 500 m d'altitude, les dirigeants sud-américains continuent leur vaste offensive diplomatique pour essayer de renverser cette décision. De nombreux chefs d'Etat - Hugo Chavez (Venezuela), Michelle Bachelet (Chili), Alan Garcia (Pérou) - ont rejoint le président bolivien, Evo Morales, dans cette croisade contre ce que le président péruvien considère comme "une décision insolente, européenne et ethnocentriste". [...] Pour motiver sa décision, Sepp Blatter avait invoqué, le 27 mai, lors du Congrès de la FIFA, la santé des joueurs. Pour les dirigeants du football mondial, les matches disputés en altitude malmèneraient les organismes des joueurs qui ne sont pas habitués à ces conditions atmosphériques.
Afin de contrer cet argument, la Confédération sud-américaine de médecine du sport (CSMD) a été mandatée pour effectuer une étude sur les effets de la pratique du sport sous diverses conditions climatiques et géographiques. "En soixante jours, nous démontrerons qu'aucun changement physiologique ne se produit (quand des sportifs font des efforts physiques importants en altitude), qu'il y a bien des modifications relatives au métabolisme, mais qu'elles n'affectent pas la santé tant qu'il y a une bonne préparation physique", a déclaré Tyron Flores, médecin membre de la CSMD.
Si la décision de la FIFA devenait effective, plusieurs compétitions devraient, dans le meilleur des cas, être transférées : les stades de La Paz (Bolivie), Bogota (Colombie), Quito (Equateur), Cuzco (Pérou) ne pourront accueillir les matches éliminatoires pour le Mondial 2010, ni la Coupe Libertadores (l'équivalent de la Ligue des champions en Amérique du Sud).
Bogota ne serait même pas en mesure d'organiser les matches de football des Jeux panaméricains, que la ville doit accueillir en 2015 : la capitale colombienne est située à 2 552 m d'altitude, soit seulement 52 m de trop... Pour l'heure, seules les deux grandes puissances du football sud-américain, le Brésil et l'Argentine, ne se sont pas rangées au côté des pays protestataires, bien au contraire. "Je regrette que la décision n'ait pas été prise plus tôt. Jouer en altitude a toujours désavantagé les Brésiliens", a déclaré Pelé, l'ancienne idole du football brésilien. [...]


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Publié dans Exfolie

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