Police = crimes
Constat truqué sur demande d'un chef de la police (Vaud), pour couvrir son père : «Toute l'affaire se base sur un accident de la route survenu le 30 juin 1997(!) sur l'A9 Vevey-Lausanne, impliquant le père d'Alain Bergonzoli [le commandant Alain Bergonzoli avait fonctionné comme chef des opérations pour le canton de Vaud lors du Sommet du G8 à Evian en 2003]. Le lendemain, ce dernier devenait le boss de la gendarmerie mobile et, partant, déjà remplaçant du commandant. L'ancien responsable du groupe d'intervention, aujourd'hui à la retraite, aurait demandé aux deux gendarmes intervenus sur l'autoroute de rédiger un constat indulgent en faveur du père du lieutenant-colonel Bergonzoli[...] » (cf. Le Matin, 24 janvier 2007)
Sergent (Vaud) mis à pied en 2004 parce que suspecté d'actes d'ordre sexuel (affaire citée dans le cadre de l'affaire Bergonzoli, cf. Le Matin, 24 janvier 2007)
Policier (Vaud) dépasse la vitesse limitée de près de 100 km/h. Le 18 mars 2006, l'adjudant Jean-Jacques Braissant roule sur l'autoroute au volant d'une puissante voiture banalisée de la police. Il est flashé à 217 km/h (210 km/h marge de sécurité déduite) alors que la vitesse est limitée à 120 km/h. L'affaire n'est révélée que le 20 juillet 2006. Jean-Jacques Braissant affirme qu'il voulait tester le radar. Selon la nouvelle tabelle des infractions routières, un dépassement de 50 km/h et plus sur l'autoroute doit être sanctionné de trente jours-amendes au minimum: mais il n'est condamné qu'à 15 jours-amendes à 100 francs le jour, avec sursis pendant deux ans, amende de 1000 francs, pour violation grave des règles de la circulation. Sanction administrative: en l'absence de flagrant délit, le permis n'a pas été retiré sur-le-champ. «J'ai admis qu'il avait bien eu l'idée de vouloir améliorer le fonctionnement de l'appareil» l'excuse le juge Antenen... (24 heures, 1er février 2007)
Capitaine de police (Vaud) condamné pour ébriété qualifiée au volant, violation des devoirs en cas d'accident [il a pris la fuite après l'accident !] et violation des règles de la circulation. le 4 juin 2006 à 6 h du matin, à Lausanne, le capitaine Antoine Savoy rentre à la maison après avoir fêté ses 50 ans. Non loin de chez lui, au volant de sa Mercedes noire SL 500, il percute quatre autos garées à la rue du Bugnon. Il quitte les lieux de l'accident pour parquer sa voiture devant son domicile. Son taux d'alcool est de 1,3‰ (24 heures, 1er février 2007)
Quatre CRS (France) ont menti. Et ce mensonge a conduit à la prison de Sequedin (Nord), du 25 octobre au 29 novembre 2006, quatre jeunes hommes en préventive... pour émeute dans un centre commercial. "Je voulais visionner la cassette uniquement pour comprendre ce qui avait provoqué l'intervention, pas pour vérifier le déroulement des faits. Je n'ai jamais imaginé que des agents assermentés puissent mentir." (Juge Christophe Courtalon). "Ce qui a frappé le tribunal, c'est le décalage entre une procédure de grande clarté et la réalité de la vidéo." Le procureur de séance, Jean-Philippe Navarre, était sidéré. On voit S.L. au sol, menotté et frappé ; il grimace car son bras est tordu quand on l'emmène. A.D. se contente de porter le blouson de son copain, s'appuie sur une vitrine, demeure à distance. Aucun attroupement. "On voit des clients passer tranquillement au milieu de la scène avec leur chariot de supermarché", note le juge Courtalon. Les vigiles aident les jeunes à se laver les yeux des jets gratuits de lacrymogènes. Les CRS étaient à la fois victimes, uniques témoins, accusateurs, et assermentés. La vidéo aurait pu ne jamais être utilisée. Désormais, elle est sous scellés. Le récit des CRS "relève de la commission de déontologie." (Procureur de Lille Philippe Lemaire).Les avocats n'ont pas l'intention de laisser enterrer l'affaire. "Je songe à déposer une plainte pour "faux et usage de faux" , dit un des avocats, et son collègue évoque "une tentative d'escroquerie au jugement", puisque les CRS réclamaient chacun 1 500 euros... (cf. Le Monde et Libération, 2 décembre 2006)
Comble du cynisme et du mépris - tant de la loi que du citoyen "ordinaire": ces policiers exemplaires n'ont pas hésité à faire appel !!
Les revoici donc désavoués par la justice - à qui ils devront maintenant rendre des comptes:
Un policier (France) poursuivi pour violences volontaires envers une femme enceinte de cinq mois. Le 22 décembre, la jeune femme, enceinte de cinq mois, avait avisé une place sur un parking public près du commissariat de Saint-Brieuc. Le policier lui a alors signifié qu'elle devait aller se garer ailleurs.Tout en obtempérant, la jeune femme lui a exprimé qu'il abusait de son autorité et lui a adressé "un mot indélicat", selon son avocate. Le fonctionnaire lui a alors saisi les cheveux à travers la fenêtre de la voiture, la blessant à la main. L'examen médical a révélé que la jeune femme souffrait d'un hématome au crâne et d'une entorse à l'annulaire gauche. Condamnation: une amende (cf. NouvelObs.com, 12 février 2007)
Inspecteur de police (Genève) révoqué pour violence : La cheffe de la police, Monica Bonfanti, avait demandé la révocation de l'inspecteur. Charles Beer, président du Conseil d'Etat, a annoncé la décision début février 2007: «A l'issue d'une enquête administrative, le gouvernement a prononcé la révocation du policier de 27 ans convaincu de s'être livré à des actes de violence injustifiables à l'encontre d'un suspect lors de son interpellation.» L'inspecteur est accusé [par des collègues !] d'avoir sorti brutalement d'un véhicule l'un des deux hommes. Et de lui avoir donné plusieurs coups de pied, notamment au visage, alors qu'il se trouvait étendu au sol, pratiquement maîtrisé. (Tribune de Genève, 20 décembre 2006 et 8 février 2007)
Les "syndicats" de police (Genève) attaquent le système démocratique lui-même. les trois syndicats de la police genevoise que sont l'UPCP, le SPL et le SPSI estiment que le futur de la police ne peut être lié "au tandem Moutinot [élu responsable du Département des institutions]-Bonfanti [cheffe de la police]". "Nous sommes dans un Etat démocratique où il n'est pas de la compétence d'une association de policiers de demander la démission d'un conseiller d'Etat" (C. Beer, conseiller d'Etat). (cf. ATS, 21 février 2007 ) [on apprendra, grâce à l'audit, que les policiers genevois chantent le répertoire nazi]
Le commandant de la police cantonale (Jura) et son prédécesseur, ainsi que plusieurs autres policiers, ont été inculpés d'escroquerie et de faux dans les titres: dans une affaire de fausses immatriculations de véhicules, portant sur 13 BMV de différents modèles, le montant des rabais atteignait entre 6000 et 10'000 francs par véhicule (cf. TSR info, 12 mars 2007)
Une voiture de la gendarmerie impliquée dans un accident, entre Vich et Gland, blesse le conducteur d'un véhicule civil. Dans ce cas (17 février 2007) un juge d'instruction avait ouvert une enquête. (cf. 24 heures, 14 mars 2007, à propos d'une collision entre deux véhicules de police...)
«Une affaire de partouze passée sous silence, plusieurs scandales étouffés et des promotions qui ne tiennent pas compte des compétences: l'audit de l'avocat Bernard Ziegler dénonce une gestion calamiteuse de la police judiciaire (PJ) genevoise, dirigée depuis septembre 2004 par Mario Chevalier [...] La scène se déroule en 2005. Deux inspecteurs de la PJ et un gendarme emmènent plusieurs femmes dans les locaux sécurisés de la police. Leurs ébats sexuels sont soigneusement filmés et photographiés à l'aide d'un téléphone portable. Le film et les photos circulent ensuite parmi les collaborateurs de la PJ et l'affaire remonte rapidement jusqu'aux oreilles de leurs supérieurs [...] L'avocat genevois révèle que ce dérapage est étroitement lié à une affaire qui a défrayé la chronique. L'un des deux inspecteurs de la PJ est le même qui, le 2 juin 2006, aurait violenté un détenu, lui assénant des coups de pied en pleine figure, alors qu'il se trouvait menotté et à terre [...] Détail cocasse: Mario Chevalier ira jusqu'à accuser son état-major de mobbing, lorsque celui-ci fait pression pour dénoncer le jeune inspecteur. Ce n'est que sous l'impulsion de Monica Bonfanti que l'affaire fera fait l'objet d'une dénonciation [...] » (source: Le Matin Oline, 14 mars 2007). Mario Chevalier n'est pourtant pas révoqué. Il garde son grade d'inspecteur. Le Conseil d'Etat va l'affecter à d'autres tâches au sein de la police (Tribune de Genève en ligne, 15 mars)
Coïncidence: le soir où je blogue ce texte, voilà que la Tribune de Genève publie l'audit sur la police réalisé par Bernard Ziegler(1). Je vais lire ces pages avec attention. Par exemple: «[...] chants nazis dans les locaux de la police» (page 10)....
1 - http://www.tdg.ch/etc/medialib/documents/police.Par.0001.File.tmp/CE_audit_police_rapportBZ.pdf