Depuis plusieurs mois, à Zurich, un bras de fer oppose la Commission cantonale de protection des animaux, d'un côté, et l'Institut de neuroinformatique (INI) du Poly et de l'Université, de l'autre. Motif de la discorde: la suspension, par la première, de deux projets de recherche employant des singes. [...] Le neurobiologiste genevois Daniel Kiper et son collègue sud-africain Kevan Martin se sont vu refuser les autorisations nécessaires pour mener des expériences sur des macaques rhésus. [...] «Les connaissances acquises par nos équipes au cours de ces recherches sont destinées, entre autres, à des applications cliniques sur des patients. Elles doivent notamment servir à la réhabilitation des personnes victimes d'attaques cérébrales.» Un incident qui, rappelle le scientifique, frappe chaque année des dizaines de milliers de Suisses. Enfin, ces expériences doivent également permettre de mieux comprendre le déclenchement de maladies psychiques telles que la dépression et la schizophrénie. En définitive, les chercheurs de l'INI contestent tant les atteintes à la dignité que la pesée négative des intérêts. «Lors de ces expériences, qui impliquent moins d'une dizaine de singes en tout, les animaux ne souffrent pas», affirme Daniel Kiper. (Tribune de Genève, 8 mars 2007)
Comment laisser souffrir des êtres humains ? C'est évidemment l'argument choc toujours employé par les défenseurs de l'expérimentation animale – souvenez-vous des votations sur la nouvelle animalerie vaudoise en 2006.
Pour autant, cette souffrance peut-elle tout justifier ? Le soulagement de la souffrance humaine suffit-il vraiment à justifier la souffrance animale ? Répondre oui – c'est le plus facile pour nous Occidentaux, habitués par les préceptes bibliques à soumettre toute vie «inférieure» à nos désirs; c'est facile, pour nous, puisque nous avons construit nos existences sur l'exploitation de la souffrance des pauvres...
Cette souffrance, comme celle des animaux, est invisible. Au mieux, elle est niée: «les animaux ne souffrent pas»... Mais c'est bien ce droit absolu de l'homme blanc à la vie qui a conduit la planète à son état actuel : destruction de l'environnement, disparition des espèces vivantes, misère et mort des peuples du Tiers-Monde...
Il est temps de changer. Temps de refuser que sa souffrance soit apaisée par la souffrance des autres....