Zürich, nouvelle république de Mussolini

Publié le par Guy Bourguignon

Salo ou les 120 journées de Sodome, de Pasolini, n'est pas un film pornographique: c'est un film anti-fasciste. Voir la police zurichoise l'interdire (à Zürich, c'est la police qui fait la loi ?) prouve que
1 - la police zurichoise est stupide et ignare (mais ce n'est pas une surprise);
2 - la police zurichoise soutient la fascisme (mais ce n'est pas non plus une surprise).
Ce qui est inquiétant, révoltant, c'est la quasi absence de réaction devant cette censure imposée par l'extrême-droite....

Sauf à Genève:

Un comité contre la censure se crée en Suisse romande

GENèVE (ATS)
Un comité de lutte contre la censure a été créé en Suisse romande pour protester contre l'interdiction d'oeuvres telles que "Salo ou les 120 jours de Sodome". Le film du réalisateur italien Pier Paolo Pasolini a été interdit à Zurich dimanche.

"Il y a un peu partout une pression sur le milieu artistique, des initiatives de censures", déplore l'ancienne députée genevoise Salika Wenger, une des instigatrices du comité baptisé les "Salo de garde", qui confirmait ainsi une information parue dans "Le Matin bleu".

La projection du film, qui dénonce de façon féroce la "République sociale de Salo" (1944-1945), dernier avatar du fascisme en Italie, a été interdite par la police municipale de Zurich. Le film aurait dû clore une rétrospective consacrée au cinéaste italien assassiné l'année de la sortie du film, en 1975.

"Je trouve incroyable que la police s'arroge le droit d'être critique d'art", souligne Mme Wenger. "Son porte-parole parle de pornographie dure: cela fait longtemps qu'il n'est pas allé dans un sex-shop, car de la pornographie dure, on en vend et on en offre toute l'année, et elle est loin d'avoir la valeur artistique d'un film de Pasolini", ironise-t-elle.

Une pétition lancée par le comité circule pour demander la levée immédiate des mesures d'interdiction. Elle exige également des autorités fédérales la garantie de la liberté d'expression. Le conseiller national Josef Zisyadis (POP/VD) a prévu d'interpeller le parlement durant la session de mars.

Le comité veut agir dans la durée, précise l'ancienne députée de l'alliance de gauche. En guise de "protestation symbolique", le film sera projeté ce week-end au Spoutnik ou au CAC Voltaire, des salles de cinéma genevoises.

© SDA-ATS News Service

Zurich: plainte contre "Salo ou les 120 journées de Sodome"

ZURICH - Des chrétiens fondamentalistes d'Allemagne et d'Autriche ont porté plainte contre le gérant du cinéma zurichois qui souhaitait projeter "Salo ou les 120 journées de Sodome". La projection du dernier film de Pasolini a déjà été interdite par la police de la ville.

Le long-métrage aurait dû clôre une rétrospective consacrée au cinéaste italien Pier Paolo Pasolini. Après intervention de la police vendredi, les organisateurs ont décidé de renoncer à montrer le film. La séance devait se dérouler dimanche dans une église réformée qui accueille des projections en attendant la fin des travaux de rénovation d'un cinéma.

Le film dénonce de façon féroce la "République sociale de Salo" (1944-1945), dernier avatar du fascisme en Italie. Il est sorti sur les écrans en 1975, peu avant l'assassinat de Pasolini. Le cinéaste avait reçu de nombreuses menaces de mort de l'extrême droite pour cette ultime oeuvre qui avait été interdite dans plusieurs pays.

(ats / 12 février 2007 19:07)


Et ça marche: dans le journal de la TSR (Darius Rochebin, 13 février 2007), un petit revendeur de vidéo zurichois raconte qu'il vient de retirer le film de ses rayons - il n'a pas les moyens de faire face à d'éventuels frais d'avocats.

14 février 2007:
POLICE ZURICHOISE STUPIDE ET INCOMPETENTE ET RIDICULE !



14.02.2007 18:15

Le film "Salo" échappe à la censure à Zurich
La liberté l'emporte sur la censure. Le film de Pasolini «Salo ou les 120 jours de Sodome» pourra finalement être projeté à Zurich. La police est revenue mercredi sur sa décision d'interdire le dernier film du cinéaste italien.
«Diverses discussions et réactions, ainsi que des jugements dans les pays voisins, montrent que la police n'a manifestement pas assez tenu compte de la valeur artistique» du film, a indiqué la police municipale zurichoise dans un communiqué.

Elle a donc décidé d'autoriser la projection de la dernière œuvre de Pier Paolo Pasolini. La police exige toutefois que toutes les mesures de protection de la jeunesse soient prises, avec une interdiction pour les moins de 18 ans.
sur ce sujet
Cinéma Xenix satisfait
Les responsables du cinéma Xenix ont appris avec grande satisfaction la décision d'autoriser la projection du film. Si l'interdiction avait été maintenue, ils l'auraient contestée juridiquement, a indiqué à l'ATS Mirko Vaiz, porte-parole du Xenix. M. Vaiz estime toutefois que c'était une bonne décision de ne pas projeter le film dimanche. Xenix a l'intention de montrer «Salo» plus tard dans l'année.

La polémique a éclaté lorsque le journal gratuit «20 Minuten» a stigmatisé la programmation de «Salo» dans une église de Zurich dans le cadre d'une rétrospective consacrée au cinéaste italien. Le film devait être projeté dans le temple protestant en raison des travaux de rénovation du cinéma Xenix.
Code pénal invoqué
La police municipale a visionné une cassette et décidé d'interdire le film. Elle évoquait alors une violation de l'article du Code pénal réprimant la diffusion de pornographie dure. Le film comporte des scènes violentes et montre des excréments humains, soulignait samedi le porte-parole de la police municipale.

Vendredi, après discussion avec la police, le responsable du cinéma a accepté de ne pas projeter «Salo». Ce n'est qu'après que des chrétiens fondamentalistes allemands et autrichiens ont déposé plainte contre l'organisateur de la rétrospective pour détention d'œuvre violente et pornographique.
Les arts sous pression
Les défenseurs de la liberté d'expression ont immédiatement réagi. Un comité de lutte contre la censure, appelé les «Salo de garde», a été créé lundi en Suisse romande. «Je trouve incroyable que la police s'arroge le droit d'être critique d'art», déclarait mardi l'ancienne députée genevoise Salika Wenger, une des instigatrices du comité. «Il y a un peu partout une pression sur le milieu artistique, des initiatives de censure», déplore-t-elle.

ats/ant
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Publié dans Exfolie

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